Quelle est l’origine de la bière Gallia ?

Paul Riviere • 28 octobre 2026
Trois bouteilles de bière Gallia, une marque française, avec des étiquettes distinctes : West IPA, Lager et Session IPA. L'origine de la bière Gallia est mise en avant.

Table des matières

Quand on boit une Gallia, on goûte à la fois une bière contemporaine et un morceau de l’histoire brassicole parisienne. Son origine remonte à la fin du XIXe siècle, mais la marque actuelle est aussi le résultat d’une renaissance récente, portée depuis Pantin par une nouvelle génération de brasseurs. Voici les dates essentielles, l’évolution de la brasserie, ses styles de bière et ce que cette histoire change réellement pour le consommateur.

L’essentiel à retenir sur l’origine de Gallia

  • 1890 marque la naissance de la brasserie Gallia dans le XIVe arrondissement de Paris.
  • La brasserie devient au début du XXe siècle l’une des plus importantes de la capitale.
  • La production historique s’arrête dans les années 1960, avant la destruction du site en 1968.
  • La marque renaît en 2010 grâce à Jacques Ferté et Guillaume Roy.
  • Depuis 2015, Pantin joue un rôle central dans les brassins expérimentaux et l’identité parisienne de Gallia.

Trois bouteilles de bière Gallia, une marque française avec une origine qui remonte à 1893.

Quelle est l’origine de la bière Gallia ?

L’histoire commence en 1890, rue Sarrette, dans l’actuel XIVe arrondissement de Paris. La brasserie est créée par Jean-Jacques Wohlhüter, un Alsacien qui apporte avec lui une culture brassicole particulièrement solide. Le quartier est alors propice à la fabrication de bière, car les anciennes carrières souterraines peuvent servir de caves de fermentation et de garde.

La bière prend rapidement de l’ampleur. En 1896, la brasserie est agrandie sous terre et devient la plus importante brasserie parisienne de son époque. Elle connaît son heure de gloire en 1900, lorsqu’elle reçoit une médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris.

Cette réussite n’est pas seulement symbolique. En 1932, la brasserie produit environ 150 000 hectolitres par an. Pour moi, ce chiffre permet de remettre Gallia à sa juste place. Il ne s’agissait pas à l’origine d’une petite brasserie de quartier, mais d’un acteur industriel majeur de la bière parisienne.

Pourquoi la première Gallia a-t-elle disparu ?

Après la Seconde Guerre mondiale, la production baisse progressivement. Les années 1950 et 1960 sont marquées par une forte concurrence et par la concentration du secteur brassicole. Les petites et moyennes brasseries parisiennes ont de plus en plus de mal à rivaliser avec les grands groupes capables de produire à moindre coût.

La brasserie Gallia est aussi limitée par son implantation urbaine. Son site historique, installé dans un quartier dense et difficile à agrandir, ne peut pas suivre les nouvelles exigences de production. La fabrication de la bière est finalement abandonnée au début des années 1960, puis les bâtiments sont détruits en 1968.

Il faut donc distinguer deux périodes. La Gallia historique disparaît bien au XXe siècle, tandis que la marque contemporaine repose sur une renaissance de son nom, de son image et de son héritage parisien. Cette nuance évite de présenter la brasserie actuelle comme une entreprise restée en activité sans interruption.

Période Événement Ce qu’il faut comprendre
1890 Création de la brasserie Naissance de l’identité Gallia à Paris
1900 Médaille d’or à l’Exposition universelle Consécration de la bière parisienne
1932 Environ 150 000 hectolitres produits Gallia fait partie des grandes brasseries françaises
1968 Destruction du site historique Fin de la première aventure industrielle
2010 Relance de la marque Début de la Gallia moderne

Comment Gallia a-t-elle été relancée au XXIe siècle ?

La nouvelle aventure démarre autour de 2009-2010, lorsque Jacques Ferté et Guillaume Roy décident de faire revivre la bière parisienne. Leur idée est simple, mais ambitieuse. Ils veulent proposer une marque capable de parler aux habitants de la capitale tout en renouant avec une histoire locale identifiable.

Les premières bières sont d’abord brassées en République tchèque, berceau reconnu des lagers et des pils. La production évolue ensuite vers la France, avant l’installation de Gallia à Pantin en 2015. Ce parcours explique pourquoi l’identité de la marque est parisienne, même si toutes les références ne proviennent pas nécessairement du même site.

Le lieu de Pantin devient rapidement plus qu’une unité de production. Il accueille une brasserie, un bar et des brassins expérimentaux. J’y vois le véritable cœur narratif de Gallia actuelle, car c’est là que la marque combine ancrage local et liberté créative.

Un changement important intervient ensuite avec l’entrée de Heineken au capital en 2019, puis le rachat complet de Gallia en 2021. Cette opération apporte des moyens industriels et une distribution beaucoup plus large, mais elle modifie aussi la perception de la marque. Gallia conserve une image craft et parisienne, tout en appartenant désormais à un grand groupe brassicole.

Quelles bières trouve-t-on chez Gallia aujourd’hui ?

La gamme ne se limite plus à une simple blonde. Elle s’appuie sur plusieurs familles de bières, avec des niveaux d’amertume, de texture et d’alcool très différents. Pour choisir correctement, je conseille de regarder le style de bière plutôt que la seule couleur de la robe.

  • Champ Libre est une blonde non filtrée à 5,8 % vol., brassée avec du malt d’orge et du malt de seigle. Le seigle apporte des notes maltées et légèrement épicées.
  • Sans Concession est une Session IPA autour de 4,3 % vol. Elle convient à ceux qui aiment le houblon et les agrumes sans rechercher une bière trop alcoolisée.
  • Nouveau Western est une West Coast IPA à 6 % vol., plus franche et herbacée, avec une amertume nettement perceptible.
  • East Machine s’inscrit dans le style NEIPA. Sa texture plus veloutée et ses arômes de fruits tropicaux la rendent moins sèche et moins tranchante qu’une West Coast IPA.
  • Les vières associent moût de bière et moût de raisin. Leur fermentation donne une boisson située entre bière et vin, souvent plus acidulée, fruitée et complexe.
  • La Gallia IPA 0.0 répond à la demande croissante pour des bières sans alcool, tout en conservant un profil aromatique porté par le houblon.

Cette diversité montre bien l’évolution de Gallia. La marque s’appuie sur une référence historique, mais elle cherche surtout à couvrir plusieurs usages, de la bière facile à boire à la cuvée plus technique. À mes yeux, les IPA et les vières sont les catégories les plus intéressantes pour comprendre le visage actuel de la brasserie.

Gallia est-elle encore une bière artisanale et parisienne ?

La réponse dépend du sens donné au mot « artisanale ». Gallia conserve une brasserie expérimentale à Pantin, y développe des recettes et y produit des brassins éphémères. En revanche, la marque appartient aujourd’hui à Heineken France et bénéficie d’une organisation industrielle et d’un réseau de distribution bien plus larges qu’une microbrasserie indépendante.

Il est donc plus juste de parler d’une marque parisienne issue de la culture craft et désormais développée à une échelle importante. Dire que Gallia est une petite brasserie indépendante serait inexact. Dire qu’elle n’a plus aucun lien avec l’artisanat serait tout aussi réducteur, notamment pour ses recettes expérimentales et ses vières.

Le mot « parisienne » doit lui aussi être compris avec précision. L’origine historique est bien parisienne et Pantin se trouve dans la proche banlieue, au cœur de l’écosystème brassicole du Grand Paris. Mais l’origine géographique d’une marque ne signifie pas automatiquement que chaque bière est brassée dans la ville où elle est vendue ou imaginée.

Ce que l’histoire de Gallia révèle sur la bière française

Le parcours de Gallia résume une transformation profonde du marché français. Une ancienne marque locale peut disparaître pendant plusieurs décennies, puis revenir grâce au regain d’intérêt pour les bières régionales, les recettes houblonnées et les histoires de territoire.

Gallia illustre aussi la frontière devenue plus floue entre brasserie artisanale, marque régionale et groupe industriel. Le consommateur peut profiter d’une meilleure disponibilité et d’une gamme plus large, mais il doit savoir qu’il ne soutient pas nécessairement une petite entreprise indépendante lorsqu’il achète une Gallia.

Si je devais résumer son identité en une phrase, je dirais que Gallia est une ancienne grande brasserie parisienne devenue une marque contemporaine, créative et largement distribuée. Son intérêt ne vient pas seulement de son logo ou de son récit historique, mais de cette tension entre mémoire locale, innovation brassicole et changement d’échelle.

Bien comprendre l’origine de Gallia avant de choisir sa bière

L’origine de Gallia est donc double. La première remonte à 1890, avec une brasserie parisienne qui connaît son apogée avant de disparaître dans les années 1960. La seconde commence en 2010, lorsque deux entrepreneurs relancent le nom et reconstruisent une identité brassicole autour de Pantin.

Pour découvrir la gamme, je commencerais par une blonde non filtrée si l’on recherche l’équilibre, puis par une IPA si l’on apprécie l’amertume et les arômes de houblon. Les vières s’adressent plutôt aux curieux qui veulent sortir des catégories classiques. Dans tous les cas, l’histoire de Gallia prend davantage de sens lorsqu’on garde en tête cette évolution, d’une grande brasserie parisienne à une marque moderne qui cherche encore sa place entre tradition et innovation.

Questions fréquentes

La brasserie Gallia a été créée en 1890 rue Sarrette, dans le XIVe arrondissement de Paris. Elle atteint son apogée au début du XXe siècle, produit environ 150 000 hectolitres en 1932, puis cesse sa production au début des années 1960. Son site est finalement détruit en 1968.

Jacques Ferté et Guillaume Roy relancent Gallia autour de 2009-2010. Après des brassins réalisés en République tchèque puis en France, la marque s’installe à Pantin en 2015. Heineken entre ensuite au capital en 2019 avant de racheter entièrement Gallia en 2021.

Gallia conserve une brasserie expérimentale à Pantin, où sont développées des recettes et produites des cuvées éphémères. Toutefois, la marque appartient à Heineken France et dispose d’une organisation industrielle et d’un réseau de distribution importants. Il est donc plus exact de parler d’une marque parisienne issue de la culture craft que d’une microbrasserie indépendante.

Champ Libre convient à ceux qui recherchent une blonde non filtrée et équilibrée. Sans Concession offre une Session IPA houblonnée mais modérément alcoolisée, tandis que Nouveau Western est plus amère et herbacée. East Machine propose une NEIPA veloutée et fruitée, les vières apportent un profil acidulé entre bière et vin, et la Gallia IPA 0.0 répond aux envies de bière sans alcool.

Évaluer l'article

Note: 0.00 Nombre de votes: 0

Tags

ipa
bières sans alcool
gallia
bières parisiennes
vières
Autor Paul Riviere
Paul Riviere
Je m'appelle Paul Riviere et j'ai sept ans d'expérience dans le domaine du brassage, des bières artisanales et des fermentations. Mon intérêt pour la bière a commencé lors de mes études, où j'ai découvert l'art de la fermentation et la richesse des saveurs qu'elle peut offrir. Depuis, je me consacre à explorer les différentes techniques de brassage et à partager mes connaissances avec ceux qui souhaitent en apprendre davantage. J'écris sur des sujets variés tels que les méthodes de fermentation, les ingrédients utilisés et les tendances actuelles dans le monde de la bière artisanale. Mon approche repose sur une recherche rigoureuse et une volonté de simplifier des concepts parfois complexes pour les rendre accessibles à tous. Je m'engage à fournir des informations utiles, précises et à jour, afin d'aider les lecteurs à mieux comprendre cet univers fascinant.

Partager l'article

Écrire un commentaire